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Afrique

Fragilisé, Gianni Infantino réunit ses cadres au Maroc pour sauver sa place à la FIFA

Alpha Diallo 3 min de lecture 3 vues

Le président de la FIFA a convoqué, mercredi 5 août, une réunion de crise au bureau africain de l’instance à Salé, au Maroc. Objectif : éteindre l’incendie allumé par son projet avorté d’ouverture des droits commerciaux du Mondial à des investisseurs privés — et sauver un fauteuil qui vacille pour la première fois depuis 2016.

Une réunion de la dernière chance à Salé

C’est dans les locaux du bureau africain de la FIFA, à Salé, que Gianni Infantino a réuni mercredi plusieurs hauts responsables de l’instance, selon Reuters. Le dirigeant suisse séjournait au Maroc depuis une semaine. Officiellement, les discussions portent sur son maintien à la tête de la fédération internationale jusqu’à l’élection présidentielle prévue en mars 2027. Officieusement, personne à Zurich ne sait dans quel état d’esprit il aborde ce rendez-vous : combatif, ou prêt à négocier une sortie.

Un projet à 4,2 milliards de dollars à l’origine de la fronde

Le déclencheur porte un nom : « FIFA Forward Enterprise ». Le projet prévoyait la création d’une entité chargée des droits commerciaux de l’institution, dont 20 % du capital auraient été cédés à des investisseurs privés pour lever 4,2 milliards de dollars. L’implication supposée d’une société liée à l’entourage familial de Donald Trump a achevé de crisper les fédérations. Infantino a retiré son texte vendredi dernier. Trop tard. Nous avions détaillé les contours de ce projet et la fronde qu’il a provoquée dès la fin juillet.

L’UEFA hausse le ton, la contestation gagne l’interne

L’UEFA a accusé le président de la FIFA de « vendre l’âme du jeu » et déclaré avoir perdu confiance dans son leadership, agitant la menace d’actions judiciaires et d’un boycott de la prochaine Coupe du monde des clubs. La Concacaf a suivi — nous écrivions alors que la CAF devenait l’arbitre du rapport de force. Plus inquiétant pour l’intéressé : la fronde a franchi les murs de la FIFA. Dans une lettre au personnel, le secrétaire général Mattias Grafström a évoqué « une série d’événements tristes et condamnables ». Le directeur des opérations Kevin Lamour a estimé que les salariés avaient été « trompés ». Arsène Wenger, directeur du développement du football mondial, s’est lui aussi désolidarisé du projet.

Vers un Congrès extraordinaire ?

La Serbie, la Suède et le pays de Galles ont retiré leur soutien. Le prince Ali ben Al Hussein, président de la Fédération jordanienne et ancien rival d’Infantino en 2016, l’accuse désormais publiquement de « chantage ». Une procédure existe pour précipiter les choses : un Congrès extraordinaire peut être convoqué si 43 associations membres en font la demande formelle. Le seuil n’est pas atteint, mais il n’a jamais paru aussi accessible.

À sept mois du scrutin, Infantino reste pourtant le seul candidat déclaré à sa propre succession. Sa force tient aujourd’hui moins à ses soutiens qu’à l’absence d’alternative.

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