Aller au contenu
Sport

FIFA : le projet d’ouvrir le Mondial aux investisseurs privés provoque une fronde

Alpha Diallo 4 min de lecture 0 vues

La FIFA envisage de faire entrer des investisseurs privés au capital d’une nouvelle filiale chargée de regrouper ses activités commerciales et l’organisation de ses tournois. Présenté comme un moyen d’accroître le financement du football mondial, le projet porté par Gianni Infantino suscite déjà une vive opposition en Europe.

Une société valorisée à 20 milliards de dollars

Le 28 juillet 2026, la FIFA a confirmé travailler sur la création de FIFA Forward Enterprise (FFE). Cette filiale rassemblerait notamment les droits de diffusion, le sponsoring, la billetterie, les licences et les opérations liées aux compétitions internationales, dont la Coupe du monde masculine, la Coupe du monde féminine et le Mondial des clubs.

Selon le communiqué officiel de l’instance, FFE serait valorisée à environ 20 milliards de dollars et pourrait lever jusqu’à 4,2 milliards de dollars auprès d’investisseurs de long terme. Ces derniers n’obtiendraient que des participations minoritaires et non contrôlantes. La FIFA affirme qu’elle conserverait la majorité au conseil d’administration ainsi que l’autorité exclusive sur les règles, le calendrier et les décisions sportives.

Thrive Eternal et le lien avec la famille Kushner

La société d’investissement Thrive Eternal devrait diriger le groupe d’investisseurs pressenti, sous réserve d’accords définitifs et des autorisations nécessaires. Cette structure est liée à Joshua Kushner, frère de Jared Kushner, lui-même gendre du président américain Donald Trump. La banque J.P. Morgan conseille également la FIFA dans cette opération.

Des informations du quotidien britannique The Times ont évoqué des discussions avec des personnalités proches de l’administration Trump. La FIFA reconnaît le rôle attendu de Thrive Eternal et de J.P. Morgan, mais son communiqué ne confirme pas que des représentants de la Maison-Blanche participent directement aux négociations.

Des revenus personnels évoqués, mais non confirmés

The Times rapporte aussi que Gianni Infantino pourrait occuper une fonction dirigeante au sein de la nouvelle entité et percevoir une rémunération de plusieurs dizaines de millions. Ce point reste à ce stade une allégation de presse : la FIFA n’a annoncé ni nomination, ni salaire, ni avantage financier personnel pour son président.

Dans sa présentation officielle, la FIFA assure au contraire que les bénéfices nets seraient entièrement réinvestis dans le football. L’organisation promet notamment de faire passer le financement FIFA Forward de 8 à 20 millions de dollars par fédération pour le cycle 2027-2030. Chacune des 211 associations membres pourrait également accéder, sur une base volontaire, à un financement exceptionnel pouvant atteindre 20 millions de dollars.

L’UEFA dénonce un manque de transparence

L’UEFA a réagi avec fermeté. L’organisation européenne estime que la gouvernance et l’identité du football ne devraient pas devenir des actifs négociables. Elle demande davantage de transparence sur la nature des droits cédés, le choix des investisseurs et les bénéficiaires financiers de l’opération.

Cette opposition ouvre un nouveau front entre la FIFA et l’UEFA. Les critiques redoutent qu’un investisseur privé, même minoritaire, cherche à influencer la fréquence des compétitions, les formats, les horaires ou la commercialisation du Mondial. La FIFA répond que les partenaires extérieurs n’auraient aucun rôle opérationnel ni pouvoir sur les décisions sportives.

Le projet doit encore être approuvé

Le plan n’est donc pas encore définitif. Sa mise en œuvre nécessite le soutien d’une majorité des 211 fédérations membres et l’approbation des modifications réglementaires par le Conseil de la FIFA. Les prochains mois devront préciser la part réellement ouverte aux investisseurs, la gouvernance de FFE et les garanties entourant l’utilisation des fonds.

Au-delà des montants annoncés, le débat porte sur une question centrale : jusqu’où une organisation sportive à but non lucratif peut-elle ouvrir ses actifs commerciaux au capital privé sans affaiblir son indépendance ?

Sources

QUELLE EST VOTRE RÉACTION ?

À propos de Alpha Diallo

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *