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États-Unis

États-Unis : une chercheuse camerounaise de Johns Hopkins libérée après son arrestation par l’ICE

Alpha Diallo 3 min de lecture 0 vues

Une chercheuse camerounaise employée par l’université Johns Hopkins a retrouvé la liberté après plusieurs jours de détention, a indiqué son avocate à la chaîne américaine ABC News. Fatima Ameaka avait été interpellée mardi par des agents de l’ICE, la police américaine de l’immigration, à l’aéroport international de Baltimore-Washington, dans le Maryland.

Deux versions qui s’opposent

Pour le ministère américain de la Sécurité intérieure (DHS), le dossier est simple : la chercheuse serait restée sur le territoire après l’expiration de son visa, le 13 juin 2024. Un porte-parole du ministère avait affirmé qu’elle demeurerait en détention le temps d’une procédure d’éloignement.

Les documents consultés par ABC News dessinent pourtant une situation nettement moins tranchée. Fatima Ameaka disposait d’une autorisation de travail courant jusqu’en 2029, et une demande d’asile déposée par ses soins était toujours en cours d’examen — deux éléments qui compliquent la lecture d’un simple séjour irrégulier.

Une spécialiste des épidémies

Titulaire d’un doctorat en pharmacie, Fatima Ameaka est arrivée aux États-Unis comme boursière du programme Fulbright. Elle travaille depuis deux ans au Center for Health Security de la Bloomberg School of Public Health, où ses recherches portent sur l’amélioration de la riposte aux flambées de maladies infectieuses, notamment la rougeole.

Le directeur du centre, le docteur Tom Inglesby, a décrit une collègue brillante et appréciée de toute l’équipe, précisant que ni sa famille ni ses avocats n’avaient pu la joindre pendant sa détention. La chercheuse a été transférée au centre de rétention d’Alexandria, en Louisiane, à plus de 1 500 kilomètres de son lieu de travail.

L’université, qui s’était dite « profondément préoccupée » dès l’annonce de l’arrestation, a rappelé que sa collaboratrice voyageait à titre strictement personnel et assuré avoir mobilisé une assistance juridique. Une cagnotte en ligne a par ailleurs été ouverte pour financer sa défense.

Les aéroports, nouveau terrain des arrestations

L’affaire ne survient pas isolément. Quelques jours plus tôt, ABC News avait révélé l’existence d’une note interne détaillant l’intensification des interpellations menées dans les aéroports américains contre les personnes soupçonnées d’avoir dépassé la durée de leur visa.

Pour les communautés africaines installées aux États-Unis, le signal est difficile à ignorer : le passage par un aéroport, y compris sur un vol intérieur, devient un point de contrôle à part entière. Le cas de Fatima Ameaka montre qu’un statut administratif en cours de régularisation ne suffit pas toujours à écarter le risque d’une interpellation.

Source : ABC News (Armando Garcia et Laura Romero), 1er août 2026.

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