Trevor Noah voulait vendre l’Afrique du Sud aux touristes du monde entier. Sa vidéo publiée le 27 juillet 2026 lui a surtout valu une avalanche de critiques venues du reste du continent — et une note communautaire sous sa publication.
Une campagne lancée pour redorer l’image du pays
Tout part du 22 juillet 2026. Ce jour-là, à Johannesburg, le Tourism Business Council of South Africa (TBCSA) et Tourism Marketing South Africa lancent une campagne intitulée « Don’t Say We Didn’t Tell You ». L’objectif affiché est clair : reconstruire une image internationale abîmée et relancer un secteur qui pèse lourd dans l’économie sud-africaine, comme le rapportait la presse économique sud-africaine dès le 23 juillet.
Cinq jours plus tard, Trevor Noah publie sa vidéo sur X et TikTok. Le ton est celui qu’on lui connaît : humour, autodérision, plans sur les paysages, la faune, la culture et le rapport qualité-prix du pays. L’humoriste sud-africain, ancien présentateur du Daily Show, y explique en substance qu’il reste la personne à qui Internet pose des questions sur l’Afrique du Sud.
Pourquoi la vidéo de Trevor Noah passe mal
La réaction ne vient pas des touristes occidentaux visés par la campagne, mais des Africains. Et principalement du Nigeria. Le reproche formulé sur les réseaux tient en une phrase : Trevor Noah a bâti une carrière en dénonçant le racisme aux États-Unis, mais on ne l’a pratiquement jamais entendu sur la xénophobie dans son propre pays.
Ce n’est pas un cas isolé : trois jours plus tôt, un appel au boycott visait le concert de la chanteuse sud-africaine Tyla à Lagos, sur des ressorts très proches. Des internautes ghanéens, zimbabwéens et somaliens ont relayé le même argument, rappelant les vagues de violences visant des étrangers africains en Afrique du Sud — 2008, 2015, 2019 — et les incidents plus récents. Une note communautaire a été ajoutée sous la publication de l’humoriste sur X.
Le contexte qui a mis le feu aux poudres
La colère s’explique surtout par le calendrier. Quatre jours avant la vidéo, le 23 juillet, Ibeh Chika Simon, un ressortissant nigérian, est mort au Cap pendant une perquisition antidrogue de la police sud-africaine. L’autopsie préliminaire a révélé de multiples ecchymoses et abrasions, et l’organe indépendant de contrôle de la police a ouvert une enquête. Un second Nigérian a été blessé par balle. Le détail de cette affaire est à lire ici.
Ce dossier s’ajoute à une liste que la diaspora nigériane tient à jour, de la mort d’un étudiant nigérian chauffeur Bolt à Pretoria aux violences de rue plus anciennes. Pour beaucoup de commentateurs africains, la juxtaposition des deux séquences — une mort en garde à vue d’un côté, un spot touristique de l’autre — était intenable.
Ce que répondent les défenseurs de la campagne en Afrique du Sud
Les soutiens de l’initiative font valoir que la vidéo ne ment sur rien : les paysages, les parcs et les prix qu’elle met en avant sont réels, et le tourisme fait vivre des centaines de milliers de Sud-Africains, dont beaucoup de travailleurs précaires. Ils rappellent aussi qu’une campagne commerciale n’a jamais eu vocation à traiter les questions de sécurité intérieure.
D’autres, sud-africains, ont répondu plus sèchement aux critiques nigérianes, estimant que le débat sur la xénophobie sert de prétexte à une rivalité plus ancienne entre les deux premières économies du continent. À ce jour, ni Trevor Noah ni le TBCSA n’ont réagi publiquement à la polémique.
Ce qu’il faut retenir
- 22 juillet 2026 : lancement de la campagne « Don’t Say We Didn’t Tell You » à Johannesburg.
- 23 juillet : mort d’Ibeh Chika Simon lors d’une opération de police au Cap.
- 27 juillet : Trevor Noah publie la vidéo promotionnelle.
- Une note communautaire a été ajoutée sous sa publication sur X.
- Ni l’humoriste ni le TBCSA n’ont répondu publiquement.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que la campagne « Don’t Say We Didn’t Tell You » ?
Une campagne de promotion touristique lancée le 22 juillet 2026 par le Tourism Business Council of South Africa et Tourism Marketing South Africa, destinée à relancer la fréquentation internationale du pays.
Pourquoi Trevor Noah est-il critiqué ?
Ses détracteurs lui reprochent d’avoir accepté de promouvoir l’Afrique du Sud sans jamais s’être exprimé avec la même force sur la xénophobie visant les migrants africains dans le pays.
L’Afrique du Sud est-elle dangereuse pour les voyageurs africains ?
Le pays reste une destination touristique majeure, mais des épisodes de violences xénophobes y sont documentés depuis 2008. Les ministères des Affaires étrangères de plusieurs pays africains publient régulièrement des recommandations à l’attention de leurs ressortissants.