Nigeria : 13 ans de prison, bastonnade publique et dédommagement pour le viol d’une fillette de 10 ans à Minna
MINNA, État du Niger — Un tribunal de l’État du Niger a condamné Aliyu Bala à treize ans d’emprisonnement, vingt coups de bâton et au versement de 250 000 nairas de dédommagement, après l’avoir reconnu coupable du viol de la fille de son voisin, âgée de dix ans, à Minna.
Après le prononcé du jugement, les autorités ont conduit le condamné au palais du Hakimi, à Bosso, où la peine corporelle a été exécutée publiquement, devant les membres de la communauté.
« Une étape sans précédent »
Barrister Ummul-kalthume Muhammad, directrice générale de l’Agence des droits de l’enfant de l’État du Niger, a qualifié cette décision d’étape sans précédent, démontrant que le gouvernement ne prend pas à la légère les infractions sexuelles commises contre des enfants.
Selon elle, l’exécution publique de la sanction visait à adresser un avertissement ferme aux auteurs potentiels de tels actes. Elle a exhorté les communautés à cesser de protéger ceux qui commettent ces crimes.
Une représentante du ministère de la Justice de l’État du Niger, identifiée sous le nom de Shafa, a estimé que ce jugement constituait une évolution importante, susceptible de faire jurisprudence dans des affaires similaires. Elle a encouragé la population à signaler les cas présumés de maltraitance d’enfants plutôt que de laisser les agresseurs échapper à la justice.
Une mère qui a failli retirer sa plainte
D’après les responsables, la mère de la victime avait dans un premier temps envisagé de retirer sa plainte, avant de laisser la procédure judiciaire suivre son cours, reconnaissant la nécessité d’obtenir justice pour son enfant et de faire répondre l’accusé de ses actes.
Le Hakimi de Bosso, Malam Muazu Adamu Laka, a déclaré n’avoir jamais assisté à l’exécution publique d’une telle condamnation dans sa communauté. Il s’est dit satisfait de la décision, estimant qu’elle aiderait les habitants à mesurer la gravité des violences sexuelles faites aux enfants et à en dissuader d’autres.
Un message aux agresseurs potentiels
L’Agence des droits de l’enfant de l’État du Niger a souligné que cette sanction constitue un message clair : quiconque s’en prend à un enfant s’expose à de lourdes conséquences devant la loi.
Les autorités continuent d’appeler les parents, les chefs traditionnels et les membres des communautés à signaler tout cas présumé d’abus sexuel sur mineur auprès de l’Agence des droits de l’enfant de l’État du Niger ou du commissariat de police le plus proche.